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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 15:24

 

 

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    Au premier abord, monsieur M. n’inspirait guère la sympathie. C’était un homme plutôt volumineux qui vous recevait bien installé dans son fauteuil d’infirme et vous toisait comme s’il venait de reconnaître, sinon un ennemi haï, du moins quelqu’un qu’il jugeait fort indésirable. Il était souvent bourru et impatient et, quand ce n’était pas le cas, il paraissait somnolent et indifférent : on devinait alors qu’il faudrait recourir à des trésors d’artifices pour attirer son attention. Mais, une fois en terrain de connaissance, c’était un homme charmant, parfois même délicieux.

       La première fois que j’ai été mis en sa présence, c’est bien simple : je ne l’ai pas vu ! Bien qu’il fut près d’une heure de l’après-midi, il était toujours dans son lit à ronfler comme au sortir d’une nuit de libation, lui qui, je devais l’apprendre par la suite, ne buvait jamais une goutte d’alcool. Rien à faire, il n’émergera pas avant le milieu de l’après-midi, m’avait crié de la cuisine son aide-ménagère. J’avais été contraint de pratiquer son auscultation cardio-pulmonaire et de prendre sa tension artérielle dans l’obscurité de la chambre. Je me résolus à recopier l’ordonnance qui trônait sur la table du salon sans jamais avoir pu tirer de lui le moindre mot. Etrange et inconfortable… D’autant que l’ordonnance était très particulière : on y comptait près de trente médications diverses !

        Il arrive que certains malades, notamment au crépuscule de leurs vies, fassent pression sur le médecin pour obtenir force « remèdes et potions » qui, à défaut de les soigner de façon optimale, semblent les rassurer : on en arrive alors à « soigner » non une maladie mais des symptômes, des signes cliniques, des somatisations… Comme il est difficile de résister à ce type de demandes, notre rôle est alors – au moins – de prescrire des molécules dont l’innocuité est avérée quand il ne s’agit pas de simples placebos. Mais trente !  Dont beaucoup de drogues actives ! Et chez un homme relativement jeune puisqu’il n’avait pas soixante ans…

        C’est en apprenant progressivement, au fil de mes visites, l’histoire du patient que je compris l’étendue de son trouble. Ses difficultés remontaient à la guerre d’Algérie durant laquelle il avait été blessé, non au combat direct mais dans un accident de son camion avec lequel il était tombé dans un ravin. Depuis cette date, pensionné de guerre (il faisait donc partie de ces malades très particuliers regroupés sous l’appellation administrative et barbare « d’article 115 »), il ne vivait que pour sa maladie. Ou plutôt ses maladies. En effet, ayant au fil des années été par force amené à côtoyer nombre de médecins, généralistes ou spécialistes, il en était venu à dresser un invraisemblable catalogue de ses prétendues affections, pour certaines, il est vrai, tout à fait authentiques. Lorsque devenu son médecin préféré puisque je venais le visiter régulièrement sans jamais me plaindre (il faut dire que son cas me passionnait) il décida de coucher sur le papier « ses maladies », nous arrivâmes à l’incroyable total de soixante-quatorze ! Toutes différentes et dans les domaines les plus variés… Certaines étaient avérées et parfois même sérieuses, d’autres manifestement exagérées, d’autres enfin parfaitement imaginaires. En vérité, la pathologie qui dominait chez monsieur M. et faisait toute la difficulté – mais aussi le côté passionnant – de sa prise en charge était une authentique paranoïa qui avait certainement été révélée par son accident pour, par la suite, se fossiliser peu à peu dans cet état de pseudo-dépendance et de revendications permanentes.

     Car la plus grande partie de la vie de monsieur M. consistait en revendications et demandes diverses. Il lui arrivait de passer des journées entières à constituer des dossiers, écrire des lettres de recours, exiger des expertises et contre-expertises, téléphoner dans les services de multiples administrations, hôpitaux et caisses diverses. « Vous comprenez, docteur, me disait-il alors, son regard clair braqué sur moi comme pour chercher un appui à ses dires, il faut que ces gens-là me payent ce à quoi j’ai droit. Je ne demande rien de plus. Rien que la justice. Qu’on reconnaisse une fois pour toutes le préjudice que j’ai subi.  Et si, d’aventure, il m’arrivait, surtout au début, de lui faire remarquer : « Mais, monsieur M., vous êtes déjà pris en charge à 100% pour au moins cinq pathologies majeures et cela par plusieurs caisses différentes… », il me rétorquait invariablement : « Cela ne suffit évidemment pas car il est facile de démontrer que toutes mes maladies actuelles sont les conséquences de mon accident. Tenez, mes problèmes de colonne, mes paresthésies qui m’empêchent de me mouvoir normalement, et même mon diabète… ». Il était inutile de polémiquer avec lui : le débat était sans fin.

     Souvent, je cherchais à négocier avec lui – car il était particulièrement attentif à la moindre virgule de ses ordonnances – l’opportunité d’alléger le nombre de ses médicaments : c’était à chaque fois une guerre d’usure. On se battait sur chaque molécule, sur chaque prescription. Or, chaque fois, il y avait de nouveaux noms, glanés au fil des contacts que monsieur M. nouait avec les médecins de nuit que, bien sûr, il appelait pour des « malaises » aussi divers que flous plusieurs fois par semaine. Bien des fois, au fil des années, j’eus envie de laisser ce patient si difficile se débrouiller seul avec cette Société qui ne reconnaissait jamais assez bien ses multiples maladies. Jamais je ne pus m’y résoudre. D’abord parce que je n’étais qu’un intermédiaire : moi parti, un autre médecin serait venu me remplacer avec l’obligation de tout reprendre à zéro et peut-être même un risque de plus grande radicalisation du patient dans son trouble. D’autre part, malgré tout, monsieur M. me faisait pitié et, au fur et à mesure de mes visites, il me semblait avoir tissé avec lui des liens particuliers au point qu’il m’arrivait quelquefois de le faire fléchir.

    Il posait néanmoins un incontestable problème de surconsommation médicale à la Collectivité. Il y avait tout d’abord ces infirmités qui le clouaient au lit ou au fauteuil. Des investissements en matériel coûteux avaient été consentis par les administrations concernées, notamment celle des Anciens Combattants : plusieurs fauteuils roulants dotés des derniers perfectionnements techniques avec leurs unités de maintenance, des télécommandes multiples d’autant plus coûteuses qu’elles étaient réalisées à seulement quelques exemplaires, des panoplies de cannes et prothèses spéciales, les aménagements particuliers tant de son habitation (les plafonds de son appartement étaient couvert d’un réseau étendu de rails destinés à supporter son poids lors de déplacements par appareils de sustentation spéciaux) que de son véhicule, des portes automatiques télécommandées, etc. Pourtant, à présent qu’il me faisait confiance, je le voyais se déplacer seul, parfaitement à l’aise, d’une pièce à l’autre. Parfois, il se laissait quand même tomber dans son fauteuil (fixe, spécialement aménagé) avec l’air de dire : « Eh, faut pas croire mais je me fatigue vite quand même… ».

     Monsieur M voyait – en dehors de moi – de nombreux médecins qui, assez vite, se rendaient compte de l’ambiguïté du personnage et ne lui rendaient plus visite qu’à contrecœur. Surconsommation médicale sans l’ombre d’un doute.

     Tout comme ses immenses prescriptions de médicaments nombreux et pour la plupart inutiles dont je sais qu’il n’en prenait (heureusement) pas le quart. Certains pharmaciens parfois refusaient même d’honorer ses demandes ! Mais rien n’y faisait : monsieur M. voulait, par la multitude des drogues qu’il se faisait prescrire, prouver au monde entier combien il était malade et combien il était nécessaire de lui assurer un maximum de pensions et de rentes de tous ordres. Après avoir bien réfléchi à ce cas singulier, je reste encore aujourd’hui persuadé qu’il ne s’agissait pas d’une vulgaire histoire de gros sous : il désirait seulement qu’on prenne conscience de ce que lui considérait comme un état de grand invalide (civil et militaire) acquis au service de la Patrie. Un profond désir de reconnaissance en somme, exacerbé par son délire paranoïaque, au demeurant officiellement reconnu par les autorités militaires. C’était d’ailleurs pour cet unique motif qu’il hantait également, bien calé dans son fauteuil d’handicapé et entouré des nombreuses aides soignantes octroyées par l’Administration, les couloirs de multiples hôpitaux et cliniques, à la recherche d’examens complémentaires sophistiqués et le plus souvent superflus…

    Très rapidement, cette situation étrange avait attiré l’attention des médecins contrôleurs des caisses, notamment d’Assurance-Maladie, qui régulièrement le convoquaient pour obtenir des explications. Plusieurs fois, il m’avait demandé de l’accompagner et je me souviens parfaitement des entretiens que j’eus avec les confrères contrôleurs. A l’issue d’une conversation parfois difficile, je restais seul avec le médecin de la Caisse. Nous entreprenions alors de chiffrer les dépenses induites par ce cas compliqué. Nous savions que ne plus donner suite à ces demandes incongrues, outre le fait que cela aurait pu entraîner chez monsieur M. une décompensation agressive de sa paranoïa qui risquait de porter atteinte à l’ordre public, signifiait un hébergement définitif en institution spécialisée. Nous avions beau refaire les comptes dans un sens ou dans l’autre, nos conclusions étaient toujours les mêmes : hospitaliser définitivement ce patient serait revenu infiniment plus cher à la Collectivité… Alors, nous faisions revenir le malade pour le sermonner gentiment, en sachant pertinemment que rien ne pourrait jamais changer.

      Et cette invraisemblable situation, commencée longtemps avant mon temps, dura plus de quarante ans ! Quarante ans !

    Jusqu’à janvier dernier. Ce samedi-là, je le trouvai renfermé, replié sur lui-même, presque mal à l’aise. Puisque je le connaissais bien, très vite, je lui déclarai : « Monsieur M., vous me cachez quelque chose ! » Ce fut son aide soignante de l’après-midi qui vendit la mèche. « Il va se faire opérer après-demain ! » me déclara tout de go la jeune femme. Je me tournai vers lui et il fut bien obligé d’avouer. Le lundi suivant, il allait être hospitalisé en chirurgie cardiaque pour se faire opérer d’une authentique affection de l’oreillette gauche, une pathologie dont je le savais depuis longtemps porteur mais qui à mon sens ne nécessitait nulle précipitation. J’eus beau argumenter longuement, revenir plusieurs fois à la charge, rien n’y fit : monsieur M. avait sa tête des mauvais jours. Je pris quand même la peine de téléphoner au CHU pour avoir des explications plus détaillées mais le week-end qui venait de débuter m’empêcha de joindre un quelconque responsable. Je repartis très défavorablement impressionné. C’est le lundi après-midi que, en pleurs, une de ses aides me téléphona pour me dire que Monsieur M. ne s’était pas réveillé de l’anesthésie… J’étais découragé et me sentais coupable de n’avoir pas été plus persuasif ; peut-être aurais-je dû, en dépit des supplications de mon patient de ne pas le faire, me rendre à l’hôpital, discuter encore, qui sait ? Ce soir-là, à plusieurs reprises, il me sembla entendre le fantôme de monsieur M. me susurrer : « Alors, vous voyez bien, docteur, combien j’étais malade ! ».

     Je laissai passer quelques jours puis décidai d’appeler le chirurgien cardiaque. C’était une femme dont je perçus immédiatement toute l’ampleur du désarroi. « Croyez-moi, mon cher confrère, il a tellement insisté ! Tellement insisté ! Cela faisait des semaines qu’il faisait le siège du service. Il restait des heures sur son fauteuil roulant à l’entrée du service, attendant qu’on accepte enfin de l’opérer… Vous savez, il prétendait avoir de plus en plus de malaises en rapport avec son Barlow (la maladie cardiaque). Je ne le croyais pas trop mais imaginez qu’on ait continué à lui refuser… qu’il lui soit arrivé quelque chose… on n’aurait jamais su si… Et puis il aurait bien fallu l’opérer un jour ou l’autre, vous savez…  Vous comprenez ? ».Je comprenais. J’avais bien connu cet homme étrange et je comprenais.

     C’est une maladie épouvantable que l’hypochondrie, quelle qu’en soit la cause. Elle conduit bien souvent le patient qui se croit malade à le devenir vraiment. Monsieur M. m’avait souvent affirmé qu’il n’avait pas peur de la mort. Que ce qu’il voulait, ce qu’il voulait uniquement, c’était qu’on lui « rende justice ». L’aide-soignante qui l’avait conduit le dimanche soir à l’hôpital pense qu’il avait « pris plein de médicaments pour en finir, vous comprenez ? » C’est peut-être vrai mais je ne le crois pas. Je pense, quant à moi, que, par cette intervention chirurgicale, il voulait prouver qu’il avait franchi un cap de plus dans l’affirmation de ses multiples affections. Il essayait de démontrer une fois encore à tous ces gens qui l’entouraient et qui ne le croyaient qu’à moitié combien il était souffrant et diminué ; il voulait rappeler ce que lui avait coûté son sacrifice au service du pays. Il a essayé et il a perdu. Je me demande même si, sachant par avance ce qui allait lui arriver, il n’aurait quand même pas persévéré. Pour qu’enfin on lui rende justice.

 

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Published by cepheides
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Tilly 01/09/2013 18:01

Bonjour. je dois reconnaître que, en ces temps de crise, cette surconsommation de médicaments et/ou d'examens divers paraît difficile à défendre : n'y aurait-il pas eu possibilité de responsabiliser ce malade en lui faisant payer au moins une partie de ses dépenses de santé jugées superflues ?

djeser 02/09/2013 15:25

Vu la pathologie du malade (et son éventuelle agressivité), un déconventionnement même partiel l'aurait rendu enragé : c'est la raison pour laquelle, avec les médecins des caisses, nous avons envisagé son hospitalisation définitive. Toutefois, cette éventualité aurait été beaucoup plus onéreuse pour la collectivité. Compte-tenu du fait que, moyennant sa consommation abusive de médicaments et d'examens complémentaires, il était relativement bien inséré à son domicile (sans danger apparent pour lui ou autrui), il a été décidé de le maintenir en l'état. Un moindre mal, en somme !

laurent 18/07/2012 20:45


bonsoir ,je vous remerçie pour votre réponse mais je pense que j'en resterai là ,car pas envie de m'investir avec un nouveau médecin.   bien cordialement.   laurent

audrey 13/07/2012 21:41


bonsoir,je suis tombé par hasard sur votre blog et celui djeser ,je trouve que vous vous mettez beaucoup en avant que vous vous aimez beaucoup ,qu'en pensent les patients qui vous connaissent ?
êtes vous un arriviste ou bien avez vous vraiment de la compassion pour les gens que vous cotoyés?

djeser 14/07/2012 16:29



Bonjour ! Votre remarque est étrange car, tout au long de ces anecdotes, je m'efforce - au contraire de ce que vous suggérez - de faire comprendre combien la souffrance de certains de nos
contemporains m'est difficile à supporter. Quant à "l'arrivisme" évoqué, je n'en vois guère la trace dans mon activité pour la bonne raison que la médecine générale en cabinet n'est pas mon
activité principale ! Cordialement.



laurent 11/07/2012 17:59


bonsoir,ayant eu le même médecin traitant durant des années (remplaçant)pour cause de retraite , je suis dans l'obligation de changer de médecin traitant car l'officiel ne me convient pas mais,je
ne souhaite pas faire suivre mon dossier médical en ai -je le droit? en fait je voudrai profiter de la retraite de mon vrai médecin pour faire peau neuve et pour cela ne donner que les
informations de bases (médecin que j'ai beaucoup apprécié ,mais malheureusement qu'aucun ne remplacera) car j'ai décidé de faire comme les anciens ,seulement en cas d'urgence. laurent

djeser 14/07/2012 16:28



Bonjour Laurent. Bien que votre question n'ait rien à voir avec le blog sur lequel vous postez, je vais exceptionnellement essayer de vous répondre. Le changement de médecin traitant est très
simple à effectuer puisqu'il s'agit de choisir le praticien et de le signifier à la caisse primaire d"AM dont on dépend au moyen d'un formulaire téléchargeable sur le site améli.fr. Le plus
difficile reste de choisir ce médecin et là, évidemment, il s'agit d'un choix personnel. Je vous rappelle qu'il est toujours possible de ne pas avoir de médecin traitant déclaré mais, en pareil
cas, les soins seront alors majorés par la CPAM, c'est à dire que le remboursement ne sera pas complet.


Concernant votre dossier médical personnel, si vous ne choisissez pas de médecin traitant, il n'y aura rien à transmettre et vous le garderez avec vous (s'il s'agit d'un dossier "papier"). Pour
le cas où vous choisiriez un médecin identifié, à vous de voir avec lui mais ces documents pourraient lui être utiles.


Espérant vous avoir renseigné et bien cordialement



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