Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 09:47

 

 

 

 

            Céline, à la première page de son livre « Mort à Crédit », nous confie : « Je n’ai pas toujours pratiqué la médecine, cette merde ». Je n’ai pas non plus toujours pratiqué la médecine, la vraie, celle de tous les jours, que l’on appelle encore parfois la médecine de famille. Mais, hasard malheureux ou non, je n’en suis jamais resté bien éloigné.

            N’ayant jamais eu à me préoccuper de la gestion d’un cabinet et de ses aléas comptables, j’ai pu garder des yeux neufs sur le métier et ce d’autant que la misère que j’y ai côtoyée ne m’était jamais imputée de manière définitive. Je ne fus – et ne demeure – qu’un visiteur, un spectateur interactif en quelque sorte.

            N’ayant pas non plus eu à subir l’endurcissement obligatoire de la routine et la banalisation du quotidien, je suis resté particulièrement sensible à la misère des hommes et à l’injustice des situations. Surtout à cette injustice.

            J’ai eu envie de rapporter quelques unes des histoires que j’ai été amené à connaître. On ne trouvera dans ces quelques pages, ni fil conducteur, ni trame exhaustive, mais seulement des anecdotes que la mémoire, on ne sait pas trop pourquoi, retient sans raison identifiable.

            Mais j’aurai quand même mis des années à me convaincre que la Nature est réellement indifférente et que pour elle la souffrance, morale ou physique, n’a aucune importance. Le médecin, par sa présence trop souvent désarmée, est le seul qui puisse apporter un peu du réconfort de la Société à ceux qui subissent, un jour ou l’autre, l’incontournable sort contraire et à ce titre, pour peu qu’il pratique bien son art, on peut dire qu’il est réellement un serviteur de l’Humanité. J’en parle avec d’autant plus de détachement que je ne me considère pas comme faisant partie de ces anonymes indispensables.

 

 

 

Tous droits réservés pour tous pays

Toute reproduction même partielle interdite

Copyright 943R1C3


Partager cet article

Repost 0
Published by cepheides
commenter cet article

commentaires

carême-Prenant 12/03/2012 19:24

Je suis venu sur votre blog à partir de celui de cepheides et je trouve vos textes très intéressants : j'attends donc la suite avec impatience...

Présentation

  • : petites tranches de vie médicale
  • petites tranches de vie médicale
  • : livre réunissant quelques souvenirs de pratique médicale
  • Contact

trafic depuis février 2013

Recherche

Dépôt légal

http://www.copyrightfrance.com

Articles Récents

  • accueil et sommaire
    Je me propose d'évoquer au fil de ces pages quelques souvenirs glanés ici ou là durant mon exercice médical et de les publier au rythme de un à deux par mois (s'inscrire à la newsletter, dans la colonne de droite du blog, est le plus sûr moyen d'être...
  • scène dix-neuf : un amour absolu
    Il faisait particulièrement doux ce soir-là et cette douceur qui flottait sur les maisons, sur les arbres et jusque dans l’air était la promesse du printemps à présent si proche. Il y aurait bien encore quelques accès de mauvaise humeur du temps mais...
  • scène dix-huit : Clac-clac
    La trentaine naissante, le cheveu blond-cendré, les yeux d’un bleu délavé sur un visage toujours extraordinairement pâle, la silhouette fine et penchée vers l’avant, monsieur T. s’exprimait toujours d’une voix douce, parfois imperceptible au point que...
  • scène dix-sept : une vieille dame
    L’immeuble, solitaire et plutôt mal entretenu (quoique propre), se dressait au bout de l’avenue, près du pont. Sa grande carcasse noirâtre surplombait d’un côté un gros carrefour routier, point de jonction de plusieurs routes d’importance reliant Paris...
  • scène seize : le parfum envoûtant des îles
    Dans le Val-de-Marne existe une institution bien particulière : le SAMI, sigle signifiant Service d’Accueil Médical Initial. Il s’agit d’un organisme de garde des médecins généralistes qui s’y succèdent à tour de rôle aux heures où les cabinets médicaux...
  • Scène quinze : responsables mais pas coupables
    C’est court, une Vie , me disait ma grand-mère lorsque je n’étais encore qu’un petit enfant, c’est si court et pourtant en même temps si long. Ca passe vite, c’est vrai, et, pourtant, on en rencontre des gens, on en aperçoit des choses. Je la revois encore,...
  • scène quatorze : la tour
    Je suis face à la tour. Une tour anonyme comme il y en a des dizaines dans cette banlieue. Je suis seul. Seul alors que d’ordinaire un va-et-vient constant entoure la grande bâtisse. Mais cela s’explique : il est une heure quinze de l’après-midi et nous...
  • scène treize : rideau !
    Il arrive qu’on revive une scène qu’on ne peut identifier mais sans que la sensation relève de ces impressions de « déjà-vu » qui ne reposent généralement sur rien de réel. Ce jour-là, en allant payer mon essence à la petite guérite située à l’orée du...
  • scène douze : faiseurs d'illusions
    Quand j’y repense et que je me repasse la triste histoire des derniers jours de mon malade et ami J.T., je me dis qu’il n’a pas eu beaucoup de chance. Sans doute sa maladie, cruelle et banale, ne pouvait-elle guère évoluer autrement. Il n’empêche : au...
  • scène onze : revendications
    Au premier abord, monsieur M. n’inspirait guère la sympathie. C’était un homme plutôt volumineux qui vous recevait bien installé dans son fauteuil d’infirme et vous toisait comme s’il venait de reconnaître, sinon un ennemi haï, du moins quelqu’un qu’il...